
Sécurité Sociale France-Irlande : droits, prestations, démarches
Vous êtes français, vous envisagez de vous expatrier en Irlande, et vous vous demandez comment basculer d’un système de protection sociale à l’autre ? La Sécurité Sociale française, avec ses 30 affections de longue durée (ALD) et son taux de remboursement de 70 %, n’a pas d’équivalent exact outre-Manche. Pourtant, les 67 millions de bénéficiaires français et les travailleurs irlandais sous PRSI partagent un cadre européen commun. Ce guide décortique les droits, les prestations et les démarches concrètes pour les expatriés, en s’appuyant sur les textes officiels du CLEISS, d’Ameli et de la Commission européenne.
Maladies reconnues en ALD : 30 listes ·
Taux de remboursement Sécurité Sociale : 70 % en moyenne ·
Nombre de bénéficiaires en France : 67 millions ·
Plafond annuel de la Sécurité Sociale (2025) : 47 100 € ·
Allocation chômage Irlande (semaine) : 232 €
Aperçu rapide
- Ameli.fr liste officiellement les 30 ALD (Ameli (Assurance Maladie française)).
- Le CLEISS détaille le régime irlandais et ses règles de coordination européenne (CLEISS (Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale)).
- La CEAM couvre les soins publics nécessaires dans l’UE (CLEISS (guide vacances Irlande)).
- Le PRSI irlandais est obligatoire pour les salariés (Service-Public.fr (guide expatriation)).
- Les montants exacts des prestations irlandaises changent chaque année — se référer aux barèmes actualisés du Department of Social Protection. (International Santé (assureur spécialisé))
- Les conditions pour les travailleurs à temps partiel varient selon le contrat et le nombre d’heures cotisées au PRSI (International Santé (assureur spécialisé)).
- Octobre 1945 — Création de la Sécurité Sociale en France. (Commission européenne (coordination sécurité sociale))
- 1970 — Mise en place du système PRSI en Irlande. (Commission européenne (coordination sécurité sociale))
- 2004 — Introduction de la Carte Européenne d’Assurance Maladie (Commission européenne (coordination sécurité sociale)).
- 2025 — Actualisation des listes ALD et des plafonds de ressources. (Commission européenne (coordination sécurité sociale))
- Les expatriés doivent anticiper : demander la CEAM avant le départ, vérifier le formulaire S1 pour un détachement, et s’informer sur le délai d’un an pour devenir « ordinary resident » en Irlande (CLEISS (conseils pratiques)).
La comparaison des deux systèmes révèle des différences profondes dans leur logique de financement et de couverture.
| Indicateur | France | Irlande |
|---|---|---|
| Institution gestionnaire | Sécurité Sociale (régime général via CPAM) | Department of Social Protection (DSP) |
| Financement | Cotisations sociales (salarié + employeur) | PRSI (Pay Related Social Insurance) — 4 % pour le salarié (tranche basse) |
| Couverture santé de base | Remboursement 70 % des frais (tiers payant possible) | Soins publics gratuits ou à faible coût avec carte médicale (means-tested) |
| Allocation chômage (semaine) | Calculée sur le salaire antérieur (57 % à 75 % du SJR) | Forfait de 232 € (2025) — CLEISS (données Irlande) |
| Pension d’État | Régime par répartition (retraite de base + complémentaire) | Pension contributive : 277 €/semaine (2025) — CLEISS (données Irlande) |
| Délai de carence pour le chômage | Aucun (sous condition de cotisations) | 3 jours (allocations irlandaises) |
Quelles sont les 30 maladies reconnues par la sécurité sociale ?
Liste des 30 ALD (affections de longue durée)
- Diabète de type 1 et 2
- Cancer (tous types)
- Hypertension artérielle sévère
- Maladie d’Alzheimer et autres démences
- Insuffisance cardiaque grave
- Accident vasculaire cérébral (AVC) invalidant
- Maladie de Parkinson
- Sclérose en plaques
- Polyarthrite rhumatoïde
- Hépatite B ou C chronique
La liste complète des 30 ALD est publiée par Ameli (Assurance Maladie française). Les trois affections les plus fréquentes sont le diabète, les cancers et l’hypertension artérielle sévère.
Procédure pour obtenir la reconnaissance
Le médecin traitant établit un protocole de soins qui est transmis au médecin-conseil de la CPAM. La reconnaissance de l’ALD permet une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie, sans avance de frais. Les délais d’instruction sont généralement de 2 à 4 semaines.
L’ALD ne couvre que les soins directement liés à la pathologie listée. Les autres frais de santé restent remboursés au taux habituel de 70 %.
En résumé : La Sécurité Sociale française offre une prise en charge quasi totale pour 30 maladies graves. Pour les expatriés, ces ALD peuvent être prises en charge en Irlande sous conditions de coordination européenne, mais il faut anticiper les démarches via le formulaire S1.
Quelle est la différence entre sécurité sociale et CPAM ?
Rôle de la Sécurité Sociale (régime général)
La Sécurité Sociale est l’institution nationale créée en 1945 (Service-Public.fr (guide expatriation)). Elle gère l’ensemble des branches : maladie, accidents du travail, retraite, famille. Le régime général couvre environ 90 % de la population française.
Rôle de la CPAM (caisse primaire locale)
La CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) est le guichet local qui exécute les remboursements, gère les ALD et délivre la carte Vitale. Chaque département a sa propre CPAM. C’est l’interlocuteur direct de l’assuré pour les questions de santé.
Organismes complémentaires : URSSAF, MSA
L’URSSAF collecte les cotisations sociales, tandis que la MSA (Mutualité Sociale Agricole) gère le régime des exploitants et salariés agricoles. Pour les indépendants, la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI) a été intégrée au régime général depuis 2018.
Quand vous parlez de « sécurité sociale » en France, vous désignez l’institution ; quand vous contactez la « CPAM », vous parlez à votre caisse locale. Un expatrié qui conserve des droits en France via un détachement devra gérer les deux niveaux : la CPAM pour les remboursements, la Sécurité Sociale pour les règles européennes.
Cette distinction est essentielle pour les expatriés qui doivent naviguer entre les deux niveaux administratifs.
Qui a droit à la sécurité sociale ?
Conditions pour les travailleurs salariés
Tout emploi en France, même à temps partiel, ouvre droit à l’affiliation automatique au régime général. Le salarié est immatriculé dès la déclaration préalable à l’embauche (DPAE) (Ameli (protection sociale à l’étranger)).
Conditions pour les non-salariés
Les indépendants, artisans, commerçants et professions libérales relèvent du régime général depuis 2018. Ils cotisent sur leur revenu professionnel et bénéficient des mêmes droits.
Conditions pour les inactifs
Les résidents stables et réguliers en France (étudiants, retraités, chômeurs) peuvent être affiliés à titre personnel. La Condition de Résidence Régulière (CRR) exige un séjour de plus de 3 mois sur le territoire. Les personnes sans activité peuvent demander la Protection Universelle Maladie (PUMa) qui garantit une couverture de base.
En résumé : En France, l’affiliation est quasi automatique pour tout résident stable. En Irlande, elle dépend du statut de « ordinary resident » et des cotisations PRSI. L’absence de convention bilatérale spécifique entre la France et l’Irlande renforce l’importance du cadre européen.
Est-ce que je peux utiliser ma carte européenne d’Assurance Maladie en Irlande ?
CEAM : pays couverts
La Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM) est valable dans les 27 États membres de l’UE, plus l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse (Commission européenne (coordination sécurité sociale)).
Soins pris en charge en Irlande
La CEAM permet l’accès aux soins publics nécessaires, c’est-à-dire les soins non programmés (urgence, consultation de médecin généraliste, soins hospitaliers) selon les règles du système irlandais. Les soins dentaires de base peuvent être partiellement couverts (CLEISS (guide vacances Irlande)).
Limites et exceptions
- Elle ne couvre pas les soins privés ni les cliniques sans convention publique.
- Le rapatriement sanitaire n’est jamais inclus.
- Pour un séjour de plus de 6 mois, la CEAM ne suffit pas : il faut s’affilier au système irlandais (International Santé (assureur spécialisé)).
Certains hôpitaux irlandais peuvent exiger une preuve de résidence (« ordinary resident ») pour les soins gratuits. La CEAM peut ne pas être acceptée si l’administration estime que vous résidez déjà en Irlande. La solution : garder un justificatif de domicile temporaire et demander le formulaire S1 si vous êtes détaché.
Anticiper ces difficultés permet d’éviter des refus de soins coûteux.
Comment fonctionne la sécurité sociale en Irlande ?
Système de PRSI (Pay Related Social Insurance)
Le PRSI est une cotisation obligatoire prélevée sur les salaires. Le taux standard est de 4 % pour le salarié (tranche basse) et de 10,15 % pour l’employeur (CLEISS (données Irlande)). Il ouvre droit aux allocations chômage, maternité, pension et maladie.
Classification des prestations (contributives vs non-contributives)
- Prestations contributives : dépendent du nombre de cotisations PRSI (Jobseeker’s Benefit, Pension d’État contributive, Maternity Benefit).
- Prestations non-contributives : sous conditions de ressources (Jobseeker’s Allowance, Pension d’État non-contributive, Medical Card).
Soins de santé publics : HSE et cartes médicales
Le Health Service Executive (HSE) gère les hôpitaux publics. La carte médicale (Medical Card) donne accès gratuit aux soins généraux, aux médicaments et aux consultations. Elle est accordée sous conditions de revenus (test de ressources). Les personnes dépassant le seuil peuvent obtenir une GP Visit Card (consultations gratuites chez le médecin généraliste).
En résumé : Le système irlandais est plus fragmenté que le français : il combine cotisations sociales pour les prestations en espèces (allocations) et moyens testés pour les soins de santé. Un expatrié français doit comprendre qu’il ne bénéficiera pas d’une couverture universelle automatique.
Quel est le montant des prestations sociales en Irlande ?
Allocations familiales
Le Child Benefit est versé mensuellement : 140 € par enfant (2025). Il n’est pas soumis à conditions de ressources (CLEISS (données Irlande)).
Allocation chômage (Jobseeker’s Benefit)
Montant forfaitaire de 232 € par semaine (2025). Pour y prétendre, il faut avoir cotisé au moins 104 semaines de PRSI. La durée d’indemnisation est de 9 mois (pour les moins de 65 ans) (CLEISS (données Irlande)).
Pension d’État
La pension contributive est de 277 € par semaine (2025) pour une carrière complète de 40 ans de cotisations. La pension non-contributive est de 248 € par semaine, sous conditions de ressources (CLEISS (données Irlande)).
Les prestations irlandaises paraissent moins élevées que les françaises, mais le coût de la vie (notamment le logement) est plus élevé en Irlande. Un expatrié doit donc calculer son pouvoir d’achat réel, pas seulement le montant facial des allocations.
Les montants faciaux ne doivent pas être le seul critère de comparaison.
Puis-je prétendre à des aides sociales si je travaille 3 jours par semaine ?
Système de travail à temps partiel et PRSI
Oui, le travail à temps partiel ouvre droit à une allocation réduite (Jobseeker’s Benefit part-time) si les cotisations PRSI sont suffisantes. Le montant est calculé au prorata des jours travaillés (CLEISS (données Irlande)).
Jobseeker’s Benefit pour travailleurs à temps partiel
Une personne travaillant 3 jours par semaine peut demander une allocation pour les 2 jours non travaillés. Le taux journalier est de 46,40 € (2025). Il faut avoir cotisé au moins 104 semaines de PRSI.
Seuil de revenus et conditions
Les revenus du travail à temps partiel sont pris en compte : ils réduisent d’autant l’allocation. Le dispositif est conçu pour encourager l’activité partielle, mais il est complexe à calculer (International Santé (assureur spécialisé)).
En résumé : Le système irlandais tolère mieux le travail à temps partiel que le français, mais les démarches administratives sont lourdes. Un expatrié français doit conserver tous ses justificatifs de cotisations pour ne pas perdre ses droits.
Ce qui est confirmé… et ce qui reste flou
Faits confirmés
- Ameli.fr liste les 30 ALD (Ameli (Assurance Maladie française)).
- Le CLEISS détaille le régime irlandais (CLEISS (Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale)).
- La CEAM couvre les soins publics dans l’UE (CLEISS (guide vacances Irlande)).
- Le PRSI irlandais est obligatoire (Service-Public.fr (guide expatriation)).
- Les allocations chômage irlandaises sont forfaitaires (CLEISS (données Irlande)).
Ce qui reste incertain
- Les montants exacts des prestations changent chaque année — se référer aux barèmes actualisés du Department of Social Protection.
- Les conditions pour les travailleurs à temps partiel varient selon le contrat et le nombre d’heures cotisées au PRSI (International Santé (assureur spécialisé)).
- Le délai d’un an pour devenir « ordinary resident » en Irlande n’est pas systématiquement appliqué par les hôpitaux (International Santé (assureur spécialisé)).
Cette distinction entre faits certains et zones d’ombre est cruciale pour préparer son expatriation sereinement.
Ce que disent les experts
« Le montant de la prestation aux personnes assurant les soins est égal à 220 € maximum par semaine. »
CLEISS (Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale)
« La Sécurité Sociale couvre 70 % des frais de santé. »
Ameli (Assurance Maladie française)
« Vous devez demander les allocations familiales dans un délai de 12 mois. »
Commission européenne (coordination sécurité sociale)
« Les aides sociales du consulat ne sont pas un droit et doivent faire l’objet d’une demande annuelle. »
Pour les expatriés français en Irlande, le choix est clair : anticiper la coordination européenne, demander les documents portables (CEAM, S1) avant le départ, et consulter régulièrement les barèmes du Department of Social Protection. Sans ces démarches, le risque est de se retrouver sans couverture pendant les premiers mois, voire de perdre les droits accumulés en France.
decauxassurances.com, xn--lexpatri-i1a.fr, cleiss.fr, forum-assures.ameli.fr
Questions fréquentes
Est-ce que la carte européenne d’assurance maladie fonctionne pour les soins dentaires en Irlande ?
Oui, partiellement. La CEAM couvre les soins dentaires d’urgence (extraction, infection) dans les hôpitaux publics. Les soins programmés (détartrage, prothèses) ne sont pas pris en charge (CLEISS (guide vacances Irlande)).
Comment transférer mes droits de sécurité sociale de la France vers l’Irlande ?
Il n’y a pas de transfert automatique. Vous devez quitter le régime français et vous affilier au PRSI irlandais. Pour les droits en cours (pension, maladie), le formulaire S1 permet de les maintenir temporairement en cas de détachement (Ameli (protection sociale à l’étranger)).
Quel est le numéro de téléphone de la sécurité sociale en France ?
Le numéro unique de l’Assurance Maladie est le 36 46 (service gratuit, 7j/7). Pour la CPAM, il faut appeler celui de son département.
Peut-on cumuler une pension française et irlandaise ?
Oui, grâce à la coordination européenne. Chaque pays calcule sa pension en fonction des périodes d’assurance accomplies sur son territoire. Les périodes peuvent être totalisées pour atteindre les conditions d’ouverture de droits (CLEISS (données Irlande)).
Quel est le salaire minimum pour être couvert par le PRSI en Irlande ?
Le PRSI est dû dès 38 € de revenus hebdomadaires (2025). En dessous, le salarié reste non couvert mais peut demander une carte médicale sous conditions de ressources (CLEISS (données Irlande)).
Comment faire si ma CEAM n’est pas acceptée en Irlande ?
Contactez votre CPAM en France pour obtenir une attestation de droits (formulaire S041). Si le problème persiste, saisissez le consulat de France en Irlande qui peut faciliter le dialogue avec le HSE.
Puis-je bénéficier de l’aide sociale du consulat français en Irlande ?
Oui, sous conditions de ressources et de résidence. Il faut adresser une demande annuelle au service social du consulat (La France en Irlande (aides sociales)).